Les détenus du Camp pénal sont sortis hier de leur routine. Et pour cause, une journée de solidarité leur a été offerte sous l'initiative du ministère de la Justice et du rappeur Fou Malade. De nombreux artistes y ont pris part. Toutefois, le passage de la sulfureuse Viviane restera certainement gravé dans leurs mémoires.
Les policiers veillent au grain. Les sacs sont fouillés de fond en comble, aucun instrument sonore n'est permis. En face de nous, sur le mur du parloir, il y est écrit : «Soumettre les individus aux châtiments est peu de choses si on ne les rend pas honnêtes par l'éducation.» Et cela, le rappeur Fou Malade semble l'avoir compris. En collaboration avec le ministère de la Justice, il a organisé, hier, une journée de solidarité au Camp pénal de Liberté 6. Les détenus, derrière des barrières ou les grilles de leurs cellules, ont donc eu droit à un concert avec un plateau de choix. Toute la crème du mouvement Hip-hop était représentée. Entre autres, le Positive Black Soul, Daara J Family, Keur Gui de Kaolack, Nakodal, 2M2, Rap'Atak, Bat Haillon Blin D... Mais la prestation qui restera gravée dans les mémoires est certainement celle de Viviane Chidid. Les pensionnaires du Camp pénal ont oublié de suite leurs peines et se sont mis à sourire à pleines dents en l'apercevant monter sur le podium, certains se sont même mis à danser. La nostalgie et le regret se lisaient dans leurs yeux. La reine du Djolof Band, qui s'était déplacée avec des serviettes hygiéniques pour les offrir aux femmes détenues, a encouragé les détenus à ne pas baisser les bras. En promettant de parrainer certaines prisonnières, elle a quitté la Maison d'arrêt sous le regard avide de ses locataires...
REACTIONS:
VIVIANE CHIDID
«L'erreur est humaine»
«Ces détenus ont péché, c'est pourquoi ils sont là aujourd'hui. Toutefois, l'erreur est humaine. Donc, on ne devrait pas les abandonner à leur sort, la meilleure des choses à faire c'est de les encourager à changer. En tant qu'artiste, je ne peux que les soutenir par ma voix et je me réjouis du fait qu'ils ont beaucoup apprécié. Cela prouve encore une fois qu'ils sont des êtres humains comme nous.»